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THAILANDE

LA VIEILLE TISSE

« Dix bath pour une photo »
me crie l’enfant de dos ;
quinze pour cette parure en perles.
« C’est mignon, c’est moi qui l’ai faite » !
Silencieuse, la vieille tisse.
J’avais de la droiture
Et du service
Des idées toutes faites.THAILANDE
Voyez les éléphants qui peignent
Depuis qu’on leur enseigne
A manier le pinceau.
Ceux-là vendent.
C’est l’assurance touristes.
Ça me reste en travers.  

Des hôtels de dix étages
côtoient les touk-touk.
Les ploucs
des gouttes d’eau
comme les Mac-Do
inondent le paysage.
Eux sont à l’abris des orages.
Dérapage des touk-touk
et du capitalisme
quand eux n’ont plus de riz,
quand eux apprennent la rage.
Devant les grands bouddhas,
les moines nous bénissent.THAILANDE
Ca me reste en travers.
Pas de cimetière chez les Thaï,
ils ont fait une exception
au pont de la rivière kwaï.
Silencieuse, la vieille tisse.
J’ai profité des massages,
j’ai croqué un vers à soie,
j’ai mangé sur les bords du Mékong.
Leurs maisons ont été inondées.
Le gouvernement, aidé de la police
a choisi les horaires,
immergeant des quartiers,
eux n’ont eu qu’à se taire.
Mes sandales ont pris l’eau,
j’ai opté pour des tongs.
 

Thaïlande, novembre 2011

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